Immobilier et logistique urbaine : besoins, opportunités et innovation

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Le 7 juin 2016, le Cluster Paca Logistique et l’Aslog ont organisé une matinale portant sur les problématiques et solutions immobilières liées à l’intégration de la logistique dans les villes. L’évènement était accueilli par la CCIMP.

Compte-rendu détaillé accessible en vous connectant sur votre espace adhérent.

Synthèse

L’intégration de l’activité logistique en ville peut s’appuyer sur des Espaces Logistiques Urbains : ce terme recouvre des concepts variés qui ont été définis par Daniel Boudouin : zone logistique urbaine rassemblant plusieurs acteurs, centres de distribution urbaine mutualisant les flux de plusieurs acteurs à l’initiative d’un acteur public, point d’accueil des véhicules pour éviter la gêne de la circulation des véhicules livreurs, point d’accueil des marchandises dans lequel le destinataire final vient récupérer les marchandises.

Une première table ronde, animée par Jérôme Libeskind (expert en logistique urbaine) s’est intéressée à Comment mieux insérer la logistique dans la ville ? Juliette Collin (conseil en logistique urbaine) souligne les attentes parfois contradictoires des acteurs impliqués (collectivité, citoyen, transporteur, chargeur) et propose des leviers d’action : massifier en amont, mobiliser du foncier, oublier les idées reçues et trouver des solutions adaptées à chaque ville… François Castano (Packcity) présente les systèmes de consignes automatiques, qui permet de faciliter les livraisons aux particuliers ; elles pourront évoluer vers une mutualisation entre différents réseaux. Franck Geiling (Euroméditerranée) évoque les enjeux et outils d’une bonne intégration de la logistique dans l’Opération d’Intérêt National menée à Marseille : des espaces logistiques (zone logistique urbaine, aires de livraisons, conciergeries) mais également de la mixité fonctionnelle et des transports en commun pour cibler la logistique du particulier. Enfin, Laurent Clouchoux (Ville de Marseille) souligne le rôle des collectivités, entre réglementation (ville) et aménagement (métropole). La Ville de Marseille affiche sa volonté d’avancer sur cette thématique en concertation avec les entreprises et institutions concernées.

Emmanuelle Mœsch (Cluster Paca Logistique) présente ensuite des retours d’expériences de CDU. Au niveau européen il existe des modèles très variés, impulsés par des acteurs publics ou privés. Sur des centaines d’expériences, un faible nombre de CDU survit. Théoriquement, en optimisant les flux, ils visent à réduire la congestion, la pollution, etc. Cependant, leur mise en œuvre se heurte à de nombreux problèmes et il n’existe pas à ce jour de modèle de réussite transposable.

La deuxième table ronde, animée par Isabelle Bardin (déléguée générale du Cluster Paca Logistique) portait sur les choix d’implantation et services associés. Présentant le CDU PURE d’Annecy, Olivier Billard (Cluster logistique Rhône-Alpes) souligne que le projet initial a évolué, s’éloignant d’un modèle classique de consolidation des flux de transporteurs, pour se recentrer sur des services de collecte (bio-déchets, DEEE), de distribution de produits frais pour la restauration, de stockage déporté. Dominique Ory (FM Logistic) indique que son groupe travaille depuis plusieurs années sur la mutualisation et s’appuie sur ce savoir-faire pour mutualiser les flux vers les villes : avec le projet CITYlogin, FM Logistic s’associe à des acteurs locaux pour organiser une desserte des centre-ville plus efficiente et moins polluante. Matei Gulea (Geopost) souligne que disposer d’un Espace Logistique Urbain accessible aux PL permet d’acheminer les flux interurbains massifiés hors heures de pointe, pour ensuite les livrer par véhicules propres. Le programme prioritaire commun logistique urbaine du Groupe La Poste pourrait aller plus loin en mutualisant l’usage des bâtiments entre les filiales. Christophe Duvernois (GEODIS) détaille les développements à venir du programme Distripolis (lancé en 2011 pour mutualiser les flux interne au groupe). Visant une distribution urbaine plus propre, notamment avec des véhicules GNV, et ciblant particulièrement les métropoles qui concentrent 45% des flux, le modèle s’appuie sur les bases GEODIS qui maillent déjà le territoire.

Les échanges avec la salle ont été aussi très riches. Le rôle déterminant des pouvoirs publics dans l’accompagnement des bonnes pratiques (plutôt que par l’intervention directe sur la gestion des flux) a été rappelé :  réglementation, appui à la mise en œuvre de services logistiques innovants, anticipation des besoins en infrastructures…  La nécessité de concertation entre entreprises et collectivités a été une fois de plus soulignée, afin de trouver des solutions efficientes et réalisables. La difficulté de coordination entre les différentes entreprises pour certaines solutions de consolidation dans un environnement concurrentiel a aussi été rappelée. Quelques aspects techniques ont été aussi évoqués, comme des expériences négatives d’utilisation de véhicules électriques pour la livraison en ville. Cette technologie ne semble pas encore adaptée aux contraintes de la livraison de marchandises de certains acteurs, qui se tournent plutôt vers le GNV.

Logistique Urbaine CPL