Les espaces logistiques urbains (ELU)

Source : Guide méthodologique Espaces Logistiques Urbains, 2006, D.Boudouin, La documentation française

Un espace logistique urbain est une interface permettant de faciliter les relations entre les envois* et les réceptions, entre la voirie et le lieu d’exploitation, entre la ville et sa périphérie (plus ou moins lointaine).

Ces outils peuvent être fixes ou mobiles, sur un site ouvert ou à l’intérieur de bâtiments. Ils ont vocation à recomposer les flux qui parcourent la ville au bénéfice de tout ou partie des acteurs concernés par les échanges économiques.

Si le concept d’interface destiné à piloter les flux est relativement ancien (les premières approches datent d’il y a une vingtaine d’années[1]), peu d’ELU ont véritablement donné lieu à expérimentation. A l’origine, ces équipements étaient le fruit d’une approche théorique voulant reproduire pour les échanges de marchandises ce qui était le cas pour les déplacements de personnes, à savoir : plutôt que de laisser les entreprises privées investir sans orientation ni contrôle dans les zones urbaines denses, regroupons les flux afin de les distribuer selon un schéma permettant de réaliser des économies de temps tout en évitant de multiplier les véhicules en circulation.

Dans la pratique, ce principe a priori séduisant s’est avéré très difficile à mettre en œuvre du fait de la multiplicité des cas rencontrés (contrairement aux voyageurs qui, en dehors de la géographie des déplacements, répondent à des représentations globalement proches). Les écueils rencontrés sont nombreux :

  • les envois sont très disparates quant à leurs formes et aux exigences qui s’y rattachent (du petit colis* au camion complet, du régulier à l’exceptionnel, du produit de base à des marchandises extrêmement coûteuses, …) ;
  • l’acte de transport est accompagné d’autres opérations, celles-ci pouvant prendre divers aspects et être obligées ou spécifiques au client (récépissé, paiement, retour d’emballages ou de produits, prise de commande, …) ;
  • le parcours urbain s’inscrit dans une chaîne plus large qu’il y a lieu de maîtriser administrativement, commercialement, juridiquement. Les aspects « localisation » sont aujourd’hui fondamentaux et il est souvent impératif d’avoir un  suivi de bout en bout.

Ces raisons ont certainement freiné l’apparition de systèmes centralisant les envois. C’est pour cela qu’au fil du temps, les solutions se sont affinées et que l’on a vu apparaître différentes catégories d’équipements.

Pour plus d’information, consultez notre cahier thématique dédié aux espaces logistiques urbains

[1] Du moins pour ce qui est de l’intervention publique dans la mise en œuvre de ces interfaces, sachant que des bases de regroupement des marchandises ont depuis fort longtemps été mises en place par les professionnels.

Extrait rapport PIPAME Interface Transport – Gérardin Conseil – LET -21- Logistique et Distribution urbaine Novembre 2009 :
http://archives.entreprises.gouv.fr/2012/www.industrie.gouv.fr/p3e/etudes/logistique_distrib/logistique_distribution_urbaine.pdf