La logistique, lorsqu’elle est évoquée comme un secteur économique à part entière, englobe à la fois des activités de transport de marchandises, d’entreposage, de manutention, de conditionnement et les divers services associés mais intègre aussi, et de plus en plus, des activités à forte valeur ajoutée : post-manufacturing, contrôles qualité, différentiation retardée, SAV…
Occupant des fonctions transversales dans l’économie, la logistique est aussi présente dans de très nombreuses entreprises sans en être l’activité principale.
Si la pertinence d’un site logistique continue de dépendre de sa localisation géographique (offre foncière adaptée, qualité des dessertes multimodales et, bien sûr, proximité d’un bassin de consommation ou/et d’un lieu de production), les facteurs humains jouent désormais un rôle déterminant, notamment dès lors que l’activité du PSL est orientée vers des prestations élaborées (distribution, messagerie, logistique urbaine) puisque celles-ci mobilisent beaucoup plus de personnes au m2 construit.
| Type d’activité logistique | Surface plateforme (moyenne en m²) |
Nbre d’emplois rapporté à l’ha (foncier) |
Nbre d’emplois rapporté à l’ha (construit) | Localisation (en règle générale) |
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| Stockage produits à faible valeur ajoutée |
80 000 | 8 | 20 | Périphérie centre-ville |
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| Stockage produits à forte valeur ajoutée |
30 000 | 12 | 30 | ||
| Logistique de distribution | 20 000 | 24 | 60 | |
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| Messagerie | 3 000 | 48 | 120 | Proximité centre-ville |
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| Logistique urbaine (*) | 1 000 | 80 | 200 | ||
Deviennent ainsi primordiaux :
Une filière créatrice d’emplois…
En PACA, la filière logistique emploie 98.000 personnes (6 % des salariés régionaux) dont 71.000 emplois localisés dans les 3.900 entreprises de transport et logistique régionales. Surtout, près de 14.000 emplois ont été créés dans le secteur depuis 2000.
…pour tous types de profils
En outre, dès lors que l’entrepôt intervient sur le produit et participe à sa transformation, à son assemblage, plus généralement à son adaptation physique aux besoins du client, des compétences autres que celles des magasiniers - préparateurs de commandes et des caristes et fonctions supports traditionnelles (administration, gestion, maintenance…) sont nécessaires. Ainsi la réalisation d’opérations de co-packing (réalisation d’emballages promotionnels, fabrication et remplissage de présentoirs en carton pour têtes de gondole…) peut engendrer la présence sur le site d’une petite équipe spécialisée dans le marketing et graphisme. Si le prestataire se voit déléguer les opérations de facturation, il lui faudra bien entendu recruter le personnel ad hoc…
L’extension des missions externalisées auprès des PSL aboutit à ce que les besoins de la filière se situent désormais dans une palette extrêmement large, du CAP au doctorat de 3ème cycle en passant par le Bac Pro ou le Bac +2 tandis que l’évolution des technologies et des matériels facilitent considérablement l’accès aux femmes à tous les types d’emplois.
…et offrant de réelles opportunités de progression sociale
Par ailleurs une spécificité de la filière logistique est de permettre à des personnes peu ou pas qualifiées d’intégrer le marché de l’emploi et, chose assez rare, d’offrir aux plus motivés d’entre eux de réelles perspectives d’évolution vers des postes de responsabilité et d’encadrement, avec l’appui de formations souvent réalisées en interne.
Le transport de messagerie est une des branches majeures de l'activité des transports de marchandises et connaît un développement constant dans le monde entier ainsi qu’une forte évolution avec tout à la fois une concentration (achats d'entreprises / développement de partenariats à l'échelle mondiale) et une spécialisation (par entreprise ou à l'intérieur des groupes).
La principale caractéristique du transport messagerie est son fonctionnement en mode réseau puisqu’il s’agit de desservir, de manière coordonnée, plusieurs points d'un même territoire, que la zone couverte soit une ville, une région, un pays, l'espace européen ou le monde. Si les réseaux peuvent présenter des tailles différentes, tous obéissent à des règles de fonctionnement et d'organisation précises. Ils mettent en œuvre des techniques élaborées, tant en terme d'organisation des flux physiques qu'en terme de gestion des échanges d'informations. Recourant à une organisation complexe qui mobilise beaucoup d’acteurs différents, et soumise à une contrainte de temps et de fiabilité importante, la messagerie est fortement consommatrice de systèmes d'informations, d'identification et de reconnaissance des colis par des codes barres ou autre système.
La messagerie traite les envois de moins de trois tonnes constitués de colis [1]. En France, son exploitation repose sur la coordination de plates-formes régionales de groupage-dégroupage qui rayonnent en étoile sur des lignes les reliant entre elles, permettant une couverture du territoire national dans un délai inférieur à 48 heures. L’éventail des acteurs de la messagerie est très large, que ce soit au niveau de l’intervention dans la chaîne de production ou dans la nature de la prestation : nombre de messagers ne sont actifs que sur un département, ou n’organisent que la collecte et la distribution. Certains sont spécialisés comme les « expressistes » qui garantissent une livraison avant 10 ou 12 h pour tout colis enlevé la veille avant 18 h, ou les « monocolistes » qui traitent de colis unique, d’un poids limité à une trentaine de kilogrammes et de dimensions calibrées, dans les délais de la messagerie traditionnelle (48h) ou rapide (24h). La messagerie traditionnelle, dont les envois avoisinent en moyenne 80 kg, est le service de transport privilégié de la production de série, de la distribution classique et de la grande distribution.
L’activité de messagerie nécessite la réalisation de plusieurs opérations, mobilisant des acteurs aux caractéristiques très variées (taille, étendue de la couverture produit et/ou géographique) :
On dénombre actuellement une douzaine de messagers de taille nationale, trois cents messagers régionaux, opérant plus ou moins en sous-traitance, et plusieurs milliers de transporteurs sous-traitants, possédant de un à cinq véhicules.
Compte tenu de l’évolution des modes de consommation (développement du e-commerce, nouvelle attractivité des magasins de proximité, délais de livraison souhaités), l’activité de messagerie devient un facteur clé de performance de l’approvisionnement des centres urbains. De plus, la messagerie concentre sur des surfaces relativement modestes (en moyenne 3.000 m2), un nombre d’emplois appréciable (près d’une centaine) pour des populations aux profils variés. Selon les Comptes de la Nation 2010, le secteur de la messagerie se singularise de plus par une plus forte proportion d’employés et de professions intermédiaires que le Transport Routier de Marchandises ; en contrepartie les ouvriers sont moins nombreux (74 %), mais aussi moins qualifiés : un ouvrier sur deux est non qualifié (20 % dans le TRM). Une localisation en ville-centre permet en outre de favoriser l’utilisation de véhicules propres et silencieux pour la livraison terminale et réduit ainsi les nuisances environnementales.